jeudi 27 octobre 2011

Carol Dallaire et l'Hôtel Terminus


Répondant à l’invitation de Rodrigue Villeneuve et des Têtes Heureuses de créer, dans le hall et le corridor du pavillon des Arts, un environnement en relation avec L’Hôtel du libre échange, Carol Dallaire présente, en collaboration avec la Galerie L’Œuvre de l’Autre, Hôtel Terminus : L’appartement du roi-bouffon.

Il s’agit d’un environnement (une maquette grand format) composé de grandes impressions sur papier donnant à  voir des éléments de mobiliers colorés et un brin farfelus. Les spectateurs seront ainsi invités, avant d’entrer en salle, à circuler dans une reconstitution totalement imaginaire, fragmentaire et improbable de l’appartement que Feydeau aurait pu occuper vers la fin de sa vie, dans le quartier de la gare Saint-Lazare, suite à sa séparation de son épouse qui l’avait rendu joliment cocu. Au coeur de ces images, la fantaisie, l’humour et l’absurde se donneront également à lire aux spectateurs attentifs, à travers une série de petites maximes inventées que Feydeau n’aurait sans doute pas reniées, dit-on.

mardi 25 octobre 2011

Charles-David Maltais


Produits de Beauté
«Un peu de chaos et beaucoup de contrôle»
Une exposition de Charles-David Maltais
Du 2 au 23 novembre 2011
Vernissage mercredi le 2 novembre à 17h.


«Ce ne sont pas les perles qui font le collier, c’est le fil»
- Gustave Flaubert

L’exposition Produits de Beauté révèle mon intérêt pour la beauté, une beauté indissociable d’une quête de sens. La figure de la perle est la pierre angulaire de mes réflexions. Dans la fabrication des perles, la nacre est la réponse stratégique de l’huître pour se défendre face à un corps étranger : mes goûts, ma culture et mon attachement pour la beauté sont donc mes armes contre le chaos. Les couches de sens deviennent des couches de nacre faisant oublier la réalité vulgaire du grain de sable.

Maître dans l’art de me fragmenter, de perdre le contrôle, je me réactualise en jouant avec des beautés écumeuses laissées dans un sillage d’après tempête, m’agrippant à des armatures de représentations, des enchevêtrements de sens. C’est avant et pendant la production que je m’accroche à un sens,  après, ces tableaux ne sont plus que des perles. Elles sont le véhicule de mes passions ordonnées dans une collection vaine. En reste-t-il pour le spectateur? Celui-ci pourra toujours égrener mon collier de perles, se voir dans la beauté sophistiquée de sphères polies et peut-être déceler dans la subtile couleur de la nacre une époque oubliée marquée par les vagues et les remous.

Mes œuvres-perles proposent une contemplation, une réflexion, une discussion. Les entrelacements de sens sont nombreux, ils forment un discours, ils sont la matière grâce à laquelle je me construis. 

«De même que le physicien organise un chaos de phénomènes naturels en cosmos de Nature, de même l’humaniste organise un chaos de documents culturels en cosmos de culture»
- Erwin Panofsky

Charles-David Maltais s’applique à faire des autoreprésentations se déployant à travers des allégories constituées d’expériences personnelles et d’appropriation de mythes, de thèmes et de concepts issus de la culture occidentale. Son travail fait émerger les notions d’ordre et de chaos à travers une approche contrôlée et séduisante.  Cette démarche minutieuse est axée sur la réflexion et la connaissance de soi, en relation avec une quête, forcément vaine, de beauté et de compréhension du monde. Ses œuvres, dont l’organisation est systématiquement interprétative et critique, procèdent par des associations matérielles, mythiques, culturelles et représentatives ; à la fois réalistes et décoratives, elles inventent des symboles subjectifs et utilisent des images figées où les interprétations peuvent être multiples, mais d’aucune manière arbitraires.

L’essence de sa création oscille entre deux attitudes qui peuvent le  définir aussi dans la vie : la vulnérabilité et la confiance. Ainsi cette exposition est-elle une occasion de partager une part de son intimité en  l’ancrant dans une sensibilité particulière et dont les référents culturels, la pléiade des discours sous-jacents et l’esthétisme permettent de prendre du recul, afin d’éviter de tomber dans le pathos ou dans un trop grand épanchement.

Depuis 2009, Charles-David Maltais poursuit une maîtrise en art à l’Université du Québec à Chicoutimi dont l’exposition Produits de beauté en est le point d’orgue. Sa pratique, récente, lui a permis de participer à des expositions collectives. Il s’agit de sa première  exposition en solo.
 

 

jeudi 20 octobre 2011

Sylvie Cotton Désirer résider, Pratique en résidence 1997-2011



Lancement et rencontre avec l'artiste suivi d'une séance de signature dans le cadre du finissage (vernissage) qui marque la fin de la résidence de l'artiste, "Tout est une fleur". 

Lancement de la publication éditée par SAGAMIE édition d'art
Sylvie Cotton, Désirer résider, Pratique en résidence, 1997-2011
Auteure: Sylvie Cotton, texte intégral en français et en anglais
134 pages, photographies couleur, 8X10 po./in., reliure allemande
ISBN: 978-2-923612-31-7 2011
Prix/ Price: 30.00$

Pour commander : sagamie@cgocable.ca

dimanche 2 octobre 2011

Vivre l'art de façon poétique


 Publié le 1 ier octobre 2011  dans le Quotidien
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
CHICOUTIMI) Les murs de L'Oeuvre de l'Autre sont dénudés. Dans un coin, un amas d'objets pique la curiosité. D'ici quelques jours, tout devrait être différent, des oeuvres vont surgir, puisque l'artiste Sylvie Cotton effectue une résidence à la galerie de l'Université du Québec à Chicoutimi. Elle propose un travail en évolution constante. Personne ne sait quelle forme prendra l'installation. Ni même l'artiste.
Le 19 octobre, Sylve Cotton présentera le fruit de son labeur. C'est à ce moment seulement que le public et l'artiste pourront découvrir le résultat d'un mois de résidence à la galerie L'Oeuvre de l'Autre à l'occasion de ce qu'elle a baptisé un Finissage».  
«Le processus fait partie intégrante de l'exposition», explique-t-elle.
Lorsque questionnée sur le type d'art qu'elle exerce, Sylvie Cotton énumère, puis elle se dirige vers un organigramme de ses différentes pratiques. Les ramifications sont tellement nombreuses, qu'elle-même ignore leur nombre.  
«Ça se multiplie sans cesse», explique celle qui profite de son passage à Chicoutimi pour enseigner tous les matins à l'université.  
Difficile donc de savoir quelle direction prendra l'artiste au cours de son séjour à Saguenay.
Actuellement, elle a une vague idée de ce qu'elle présentera dans quelques jours. Dans un coin, elle étale des feuilles truffées de petits trous.
«Ce sont tous les textes que j'ai étudiés à l'université pendant ma maîtrise, mes notes de cours. Je les ai transformés en confettis. Je trouve que ce qui reste est un bel objet. J'ai envie d'en faire un rideau...»
L'artiste songe à assembler les feuilles en une grande pièce. «Pour l'instant, dans ma tête, ça s'appelle Murmure. Car il reste de petits mots un peu partout, comme un murmure.»
Sylvie Cotton a une manière poétique de vivre l'art.
Elle a d'ailleurs récupéré une citation de chacun des auteurs avant de détruire les écrits. Elle les a réunis dans un cahier. D'ailleurs, des carnets, elle en tient plusieurs. Certains regroupent des traits de couleurs, d'autres des schémas de sa respiration.
Elle met beaucoup de soin à agencer les choses.
«J'aime trouver la beauté dans les petites choses», explique-t-elle. Une affirmation qui cadre parfaitement avec le titre de sa résidence, Tout est une fleur.
Tout près des cahiers, étendus au sol, des cordes, des fils et des rubans sont placés côte à côte, vestiges d'une récente résidence au Japon.  
«Là-bas, j'étais seule pour me promener. J'ai décidé de ramasser chaque corde, fil, ruban ou ficelle que je voyais par terre. Aujourd'hui, toutes ces personnes qui ont échappé quelque chose ne savent pas qu'elles sont attachées les unes aux autres. Depuis que je suis arrivée à Chicoutimi, je fais la même chose. Avec ces bouts de fils, les Japonais vont rencontrer les gens de Chicoutimi. C'est une rencontre à leur insu.»  
Mais tout ça pourrait avoir pris une forme bien différente lors d'une prochaine visite.
«Qu'adviendra-t-il? Je ne le sais pas encore. Et si je le savais déjà, je n'aurais pas besoin de le faire», affirme l'artiste dans la fiche explicative de son exposition.
Sylvie Cotton est présente à la galerie L'Oeuvre de l'Autre tous les après-midi, entre 14h30 et 16h30, afin de parler de son approche, de son art, de ses techniques. À l'occasion de son «Finissage», le 19 octobre, elle procédera également au lancement de son livre, une monographie intitulée Pratique en résidence 1997-2011 éditée au Centre Sagamie.